De ma mémoire à l’histoire

Il est toujours temps de regarder dand le rétroviseur pour admirer derrière soi les mots posés sur le papier. Il est souvent là, l’instant où l’on pense à hier en se disant que l’on aurait pu faire mieux et que tout aurait été différent. Le moment où l’on range méthodiquement ses pensées sur une feuille de papier en suivant une frise chrologique et imaginaire faite de points, de tirer, d’ordre des choses.

Avant, après.

Je posais distraitement sur une étagère poussiéreuse le calendrier de l’année qui s’écoulait. Je le garderai bien sagement avec les autres pour pouvoir peut être y vérifier les dates des rendez-vous chez le médecin et les sorties apéritifs programmées.

Pour y compter les croix et les points qui dans quelques années auront perdus leur signification et dont il ne me restera qu’un goût de vague licence. L’envie de me souvenir. La joie d’avoir oublié.

Je tapotais machinalement la couverture rouge et brillante indiquant 2017 en me disant que dans quelques heures tout cela sera révolu et enfuit. Que le temps part toujours en avant en gardant une trace fantomatique, un vestige à peine menaçant, de toutes ces conneries que l’on fait les unes après les autres en listant les intentions, les erreurs et les noms.

Adenauer me revint en mémoire. Il parlait d’autre chose, de la même sensation. De ce même vertige qui se nomme Histoire quand la mémoire en est partagée.

« Die Weltgeschichte ist auch die Summe dessen, was vermeinbar gewesen wäre. »

décembre 31, 2017

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