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Ils avaient tout prévu. Le temps d’attente de quelques minutes pour lequel ils s’excusaient déjà, et les correspondances qui attendraient. Ou pas. Ils donnaient des bons mots pour que les gens comprennent et qu’ils acceptent. Et tous, assis dans leur métro du milieu de la nuit, patientaient vaguement que le retard arrive qui ferait que le métro repartirait.

Je faisais parti de cette foule impatiente qui sentait l’alcool et rêvait de son lit.

Il y avait des annonces qui prédisaient des arrêts pas tenu. Des mots stupides qui prévenaient qu’à l’arrêt suivant rien ne s’arrêterait.

Vous passerez dans la lumière pour faire semblant et nous jouerons avec nous. Rien ne s’arrêtera. Jamais à cette heure reculée. Pendant cette semaine. Juste un train perdu dans une gare fantôme.

Ils jouaient des mots pour demander aux passagers de penser à leurs sacs et à leurs effets personnels. Alors que tous n’avaient plus qu’un portefeuille vide et des clopes qui jouaient dans l’air.

Ils inventaient des phrases pour parler du terminus qui allait arriver à un moment encore plus reculé. Avec la tête qui se secouait au rythme des freinages et des accélérations.

Ils parlaient sans cesse dans les haut-parleurs pour nous maintenir éveillé. Ça faisait mal à la tête mais ça passait bien dans le décor. En réalité, il était doux de suivre le mouvement du métro sans devoir penser.

avril 15, 2018

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