À contre-courant

La nuit arrivait par la petite porte. Un soleil qui ne s’était pas livré et qui déjà partait se coucher. C’était l’heure parfaite pour égrainer les minutes. Le compte à rebours qui reprenait là où on l’avait laissé, dans la solitude qu’on voulait s’offrir, un dimanche après-midi. Pas coiffée, pas douchée, l’œil endormi d’une cerne qui se riait des autres. Pas envie de les voir, pas envie de les sentir. Être seule dans sa tête et ne pas croiser de regard. Attendre que le noir emporte tout pour oser affronter le froid. Tourner sur soi et compter les étoiles qui illuminent le ciel, enserrée d’un abandon qui fait semblant. Il suffirait de lever la tête pour voir les lumières derrière les rideaux mal fermés. Le silence du vent laissait deviner les rires qui s’enfuyaient. Un joggeur passait qui s’était perdu. Regard baissé sur des baskets multicolores. Des pas qui se rapprochaient sans qu’on ne veuille les voir. Capuche sur la tête et mains dans les poches. En secret, sans qu’on le sache, entre une rue et une avenue, dans l’anonymat de la ville, je m’approchais de la semaine qui reprendrait futile ses droits et ses illusions.

janvier 17, 2016

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