Au musée

Il n’y avait pas beaucoup de place, alors ils avaient utilisé tous les espaces. Il y avait dans le jardin des restes de fenêtres et de portes qui dataient des siècles précédents et qui prenaient la pluie régulièrement. Comme avant. Lorsque accrochées à leur maison maintenant détruite, ils luttaient dans l’anonymat pout protéger les habitants qui s’y trouvaient.

Dans le joyeux désordre de l’intérieur régnait l’humeur joyeuse de ceux qui avaient disposé les pièces.

Les cadres aux murs se succèdaient pour montrer les vies d’alors. Des peintures de simples gens côtoyaient un ancien gouverneur et Madame. Et là, juste à côté, le général menant la bataille. Un ancien plan de la ville et un Christ en croix du siècle suivant. Une frise chronologique remettait en ordre des artefacts qu’on ne trouvait pas dans les vitrines sombres.

Des vêtements du XVIIIéme siècle, la malle conservant au XIXème siècle le trésor de la province, un fauteuil du XVIème siècle. Importé d’Europe. Des armes en tout genre et des drapeaux. Ceux des ancêtres et ceux des ennemis. Et des peintures comme des photos, effectuées in situ dans des conditions complexes.

Respectons ce travail.

De l’autre côté du mur, les bancs d’une église détruite pour une autoroute et de la vaisselle venue d’Italie ou de Belgique. Les objets d’une élite qui prenait la peine de boire dans des verres et d’utiliser des couverts.

Un lit soudain sous un manequin habillé d’une robe bourgeoise du début du siècle. La tête nue et suspendu comme un fantôme, il ondule au fil du vent quand de nouveaux visiteurs ouvrent la porte.

Une dernière salle, un dernier capharnaüm. Un sourire supplémentaire et des explications engagées et éparses. Un secrétaire et un miroir. Les portraits officiels de tous les maires de la ville. Moustache, barbe et lunette. Un cadran qui indique à jamais dix heures vingt et qui a raison deux fois par jour. Une cuillère en argent dans une vitrine, un livre d’or sur un pupitre.

J’y ai laissé une date furtive et un souhait d’au revoir.

novembre 27, 2016

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *