Automne

C’était le mois de novembre et il ne faisait même pas froid. Il avait plu sans que je le remarque. Des traces incertaines le prouvaient sur le sol humide. Le reste de la tristesse ne l’avait pas atteint. Toujours accroché aux nuages gris qui pourrissaient dans les airs, empêchant l’air chaud de nous quitter. Le ciel n’arrivait pas non plus à exprimer de façon convenable toute la douleur qui l’habitait.

On était en pleine heure d’hiver, en train de compter les euros pour le Père-Noël, et il ne faisait pas froid. Même pas frais.

Un souffle glacial aurait du venir. Des profondeur du Nord, gelé comme ses neiges, il devrait être là pour refroidir la ville et endormir l’automne. Faire croire aux couleur ocres que c’était fini, que c’était trop tard, qu’il fallait quitter la scène et laisser l’épilogue s’avancer dans son beau manteau blanc.

Mais rien.

Pas de bruit froid, pas de vent en bourrasque. Le silence sans aucun frisson dans les feuilles vertes qui cachaient encore l’orange et le jaune. C’était triste de ne pas voir les branches nues se battre pour un peu de reconnaissance.

Personne ne frissonnait et le climat se réchauffait. La terre marchait sur le ciel et rien n’allait plus. L’automne était un printemps sans espoir et on s’en foutait.

novembre 4, 2015

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