Chair de poule

Seule, sans secours, frigorifiée dans le froid. Elle tentait quelques pas pour ne pas mourir glacée. Elle entrevoyait déjà sa fin, congelée dans un iceberg terrestre. Et ses minces pattes courtes s’enfonçaient dans cette mousse épaisse et collante qui l’empêchait de toucher le sol. Elle avançait, à la nage, avec sa frêle nudité et son maigre plumage qui ne la protégeait pas de cette eau blanche qui inondait sa cour. L’humidité la transperçait. Épines glacées qui jouaient à détruire son corps perdu.

Elle tournait en carré dans sa basse-cour qu’elle ne reconnaissait pas. Tout avait disparu et seule une épaisse couche de neige molle et fraîche était partout visible. Rien à picorer. Pas le moindre grain. Pas le moindre espoir.

Abandonnée par ses pairs. Toute seule, à tourner dans tous les sens, désespérée. Elle voulait, elle souhaitait, elle espérait. Et puis non. Juste de la chaleur et quelques grains. Retrouver les autres pour profiter de leur chaleur. Un duvet de plumes. Moelleux, chaud et sec. Un rêve de poule. Fragile et angoissée.

janvier 29, 2015

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