Cher journal,

C’était un jour triste. Aussi triste que la voiture rouge sang que j’ai croisé en rentrant. Dans la nuit. C’était le cœur de la nuit et la tristesse était à son comble. Il ne neigeait plus, et seul le froid restait. Hivernal, il se mêlait avec ce délice qui le caractérise à la douleur. Et puis j’ai décidait de t’en parler. Un peu sur un coup de tête irréfléchi. Un peu à cause de la voiture. Et puis surtout à cause du froid. Ce froid glacial qui s’amusait à entrer et sortir de sous mon pull comme le ferait la main d’un amant. Mais sans tendresse, sans douceur et sans chaleur.

C’était une nuit triste. Une nuit de boisson, de saoulerie. L’alcool avait coulé à flot entre ses hommes et ses femmes qui finissent par ne plus trop savoir qui ils sont et où ils sont. Un ami doit se porter garant pour indiquer leur adresse au chauffeur de taxi, et Sam a disparu depuis longtemps déjà qu’ils sont encore dans des vapes vaporeuses entrecoupées de relents de vodka. Et au matin, les cheveux collés sur le front, les yeux cernés et la tête en douleur, il leur faut boire pour calmer leur gorge sèche et déshydratée.

C’était un soir triste. On buvait pour oublier, et on oubliait pourquoi on buvait. Quelques chutes dans les escaliers, quelques bleus sur le visage, et de la glace que pour les verres. Quelques nouveaux couples qui ont baisé comme ils avaient bu. Rapidement, sans plaisir et sans souvenirs. Et plus tard, bien plus tard, il a fallu partir. On ne sait pas trop pourquoi. La salle s’était vidée, alors il a bien fallu que les autres partent aussi.

Et tout c’était fini. Tristement.

décembre 28, 2014

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