Chère colère,

tu as attendu que la nuit arrive pour te réveiller. C’était à cause du changement d’heure ou de la journée précédente. Ou du temps qui passait, de la semaine qui finissait et des jours qui avançaient toujours. Trop vite.

À cause du bruit et de la peur, de la pluie qui gâchait le soleil et des arbres qui bruissaient. Pour pleurer leurs frères qu’on brûlait ailleurs impunément.

De l’oubli qui m’arrachait dans le noir et qui faisait tourner les têtes sous des néons trop crus. Dans des endroits où tu te terrais dans les rares coins sombres qui restaient, à l’abri des soubressauts des corps alourdis.

Tu me rappelais la semaine triste qui ricochait par vague. Les informations moches et ces morts qui valent plus que d’autres. Tu te croyais forte et tu voulais tout casser.

Tu voulais des mouvements à détruire au kärcher pour laisser entrer la lumière purifiante d’une eau trop forte. Au forceps et sans conviction dans une douceur tamisée à faire choir les esprits qui auraient dû se souvenir.

Des rires ont éclaté qui faisaient semblant de vivre. Sous les carcasses décimés d’oiseaux qui ne voleront plus, silencieux dans un respect pesant.

Lentement. Tu as pris le temps, les mois qui se déroulaient et la vie qui continuait. Tu regardais le futur en pensant à l’avenir. Tu m’as sourie de loin et puis t’es rapprochée, tu m’as touchée du bout de tes doigts. Tu as grandi dans le jour.

#14

mars 27, 2016

Étiquettes : , ,
  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *