Comme avant

C’est un peu comme retourner à l’école. Après le passage au collège. On part ailleurs et on devient grand. On redevient le petit alors qu’on était le plus grand. C’est là tout le paradoxe du changement. On retrouve la boule au ventre, l’espoir en bandoulière. On ferme les yeux pour ne pas s’enfuir en courant.

On n’est plus tout jeune déjà, alors on se dit que c’est peut être la dernière fois. Qu’il faut en profiter, si jamais le futur devait être barré. Mais on sait au fond de soi que les barrages n’existent que dans les têtes. On se les construit soi-même dans ces moments où la peur a gagné. Il faut juste faire taire les angoisses et avancer. Comme lors du premier jour au lycée.

C’est un peu comme prendre un nouveau chemin que l’on va reprendre tous les jours. Que l’on va apprendre à connaître. Que l’on va caresser. Que l’on va adorer. Que l’on va détester, puis que l’on va quitter. Une nouvelle amante, en somme.

On se projette déjà vers l’après alors que l’on n’a pas encore vraiment commencé. On imagine les regrets que l’on aura dans deux ans d’avoir un jour pris ce chemin. De ne pas avoir assez réfléchi.

Le temps des si j’avais su et des j’aurais dû.

Parce que, assis au fond de la classe à se laisser porter par le vent, on aurait pu faire mieux. Parce que, sur le chemin des envies on aurait pu tourner à gauche, à droite, ailleurs. On aurait pu prendre un détour pour admirer le paysage, pour changer les choses. Pour être bien sûr. Pour ne pas subir. Pas une nouvelle fois. Pas comme avant.

janvier 6, 2019

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