De bonne heure

Il est tôt. Il fait encore nuit, dehors comme dedans, et le silence est maître. Les lumières sont à peine allumées. Il fait sombre dans la pièce immense et quasiment vide. Il est difficile de comprendre ce que font les gens.

Pourquoi les gens ?

Ils ont traversé le froid pour venir s’asseoir dans un hall à la moquette bleue et aux lumières éteintes. Pour attendre devant des écrans d’ordinateur à la lumière tamisée qu’il se passe quelque chose. Mais il ne se passe rien.

Un thermos à café est posé au milieu de l’assemblé. Il est vide. Personne n’a pris le temps de le remplir avant de s’asseoir. Trop de travail pour ceux qui arrivent tôt.

Ils laissent le silence engourdir leur cerveau au ralenti. Ils sentent une pointe de mal de tête, un bâillement les fait pleurer. Ils pensent à leur femme bien au chaud sous les couvertures, confortablement allongée dans le lit. Ils ferment les yeux pour mieux respirer son corps.

Ils s’endorment au travail et ronflent vaguement. Puisque rien ne se passe et que le soleil leur a faussé compagnie. Parce qu’il est tôt.

février 10, 2019

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