Delfina

Elle ronronne comme le moteur d’une moto quand elle monte la côte. Celle pour laquelle on prend beaucoup d’élan en espérant en silence que cela sera suffisant. Celle pour laquelle on ferme les yeux arrivé en haut, pour éviter la peur dans la descente.

Elle caresse comme elle frôle. Doucement, lentement, avec la grâce subtile de ceux qui n’ont pas besoin d’en faire beaucoup pout séduire. Elle charme tranquillement et rend en tendresse soyeuse tout ce qu’elle a pris de volupté.

Elle griffe comme une tigresse. Elle se fait les ongles sur la pierre et la peau comme d’autres le font sur les arbres et les roches. Elle se manucurie à la dur, pour la force de l’ongle et la poigne de la griffe.

Elle se balance comme le trapéziste. Les bras en l’air, son poids dans le vide, toute en légèreté. Elle montre qu’elle peut et qu’elle sait. Elle attend pour lâcher le bon moment. Pour que le numéro soit réussi et qu’elle puisse  retomber sur ses pattes.

Elle mange les abats saignants et crus en se léchant les babines pour ne rien en perdre. Comme les chats.

octobre 30, 2016

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