C’est Gone Girl. On aime.

[Recension]

C’est une scène toute droit sortie d’une peinture de Hopper. Les angles droits des maisons sont bien découpés sur le fond bleu du ciel triste de banlieue. Il y a un personnage seul au milieu de sa solitude. La vie qui coule, les heures qui passe. On devine l’éternité qui avance et qui ne change rien.

C’est Fincher qui filme ce que Hopper a peint.

C’est d’abord Nighthawks. Dans le bar où on discute des cinq années passées qui ont fait perdre les rires et changer les regards. On y apprend le désastre du temps, un verre sur le comptoir.

C’est ensuite Sun in an empty room. La lumière passe par la fenêtre et se répercute dans les morceaux de verres brisés. Chacune des pièces est vidée, inspectée. À la recherche de ce qu’on ne peut trouver. Un corps, quelqu’un. C’est la solitude plus imposante que la mort. C’est la disparition. Silencieuse et rampante. Elle a quitté le tableau et personne ne s’en est aperçu.

C’est l’entrée de New York Movie. Le film sur petit écran, la voix de l’Amérique qui, toute puissante, impose sa volonté au peuple dans la salle. Les gens écoute et adore. La pauvre Amy, le méchant Nick. Qui seul, s’appuyant sur Margo, regarde les spectateurs en tentant de rattraper les morceaux.

C’est une Soir bleu. Il ne faut pas se fier aux apparences. La vérité est plus complexe, les masques nombreux. Alors que les People in the sun se délectent et exaltent, le héros à contre-courant commence à comprendre. La scène, la comédie. Two comedians lui sont apparus qui expliquent tout. La rage de vaincre et la volonté de gagner.

C’est House at Dusk. Quelque chose de grandiose et de magnifique qui ne fait pas le bonheur. Il y a des pièces immenses et une protection trop sécurisée. Un sentiment de danger qui imprègne chacune des touches. Un petit déjeuné pris autour d’une table trop longue. Avec du vin et du jus de raisin rouge.

Ça devient Reclining Nude. Il y a des corps et une certaine sensualité. De la violence, aussi. On change pour Summer interior et sa solitude. De la lumière entre par la fenêtre sous vidéosurveillance. Tout se mélange. Trop de choix, trop de titres. Des post-it qu’on ne souhaite plus. Un nouveau chemin à prendre. Une réflexion à avoir. A woman in the sun attend patiemment de trouver la solution. Une solution.

On retombe sur un Summer evening, un entre-soi dans la nuit. On ne sait pas trop qui, ni quoi. On se borde respectivement pour chasser les questions qui dérangent. On se tait, on se regarde et on fait semblant. C’est Chop Suey. On se regarde dans les yeux pour mieux être seul. Le visage barbouillé et la peur cachée au fond du ventre. On sent le temps en suspension et la vie qui emporte en silence. On est Nick, perdu dans une suite d’événements qui tombent sans aucune autre logique que celle d’Amy.

 

Gone Girl, David Fincher
Sortie du film : octobre 2014

octobre 12, 2014

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