Hors d’haleine

Je voulais tenir parce que je l’avais lu le matin-même. Courir. Bien respirer. Et un petit sprint pour terminer. Le souffle coupé, la tête baissée. Finir le début de la journée avec l’impression d’avoir touché le ciel. Des étoiles dans la tête et les cheveux devant les yeux.

Je l’avais lu et j’avais souri.

C’était commun, naturel, vrai. Un vécu que je connaissais. Les cheveux qui collent dans la nuque, la sueur qui coule dans le dos. Et l’arrivée en sprint, la musique dans les oreilles.

Le souffle court.

Baisser la tête vers le sol pour y respirer un autre air. Celui de la fatigue et du bien-être. L’air léger de la réussite qui s’amuse des écouteurs se mélangeant aux mèches frissonnantes.

Je fonçais, tête droite et visage face au vent. Un espoir stupide attaché aux tripes. La volonté finira par payer. Il fallait tenir. Faire avancer ses jambes malgré le vent contraire. Oublier que je courrais contre un mur, contre une porte. Vitrée et close. Dehors, derrière, le soleil froid et la route longue. Et chacun de mes pas qui cassait le verre tentant de résister. Énergiquement. Pour trouver la sortie.

Je me concentrais sur autre chose. Loin du vent dans les yeux et des cheveux dans la capuche. Il y avait la musique. Celle qui fait tenir et qui emporte. Loin. Vers mon but. Hors d’haleine, dans la nuit.

janvier 4, 2015

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