Kölle Alaaf’Olie

Le temps des Fous est venu. Et avec lui la carnavalesque euphorie suivant laquelle tout finira bien. Entre gueule de bois et alka-seltzer. Pour ne pas retomber trop vite dans la réalité absurde.

Autour de la cathédrale embrûmée et barricadée, des centaines d’apparitions rient dans le froid. Bien couvertes. Combinaison d’ours ou de girafe, des paillettes sur le visage, des plumes dans les cheveux. Méconnaissables dans leur bonheur factice. Un Lego géant côtoit des chaussettes rouges et blanches. La tradition est là, dans ses écussons à rayures, soumettez-vous-y.

Des rires gras qui puent l’alcool défigurent les passants qui s’oublient. Il fait froid sans qu’on s’en rende compte. Il fait bon de ne plus pouvoir penser au reste.

Et la pluie a cessé de faire couler le maquillage, comme des larmes mal digérées.

Les mains sont bien serrées autour des verres qui pourraient casser. Ne pas briser l’espoir fou que le temps se suspend le temps de la fête. Plus rien ne compte sinon l’ignorance que, peut-être, quelque part, quelque chose existe qui ne vaut pas.

Des tutus de danse en nylon rose se balladent sur les jambes flageollantes des Hommes qui ne peuvent plus aller droit. Ils délaissent la raison pour sortir quelques jours durant du siècle, bien entourés de barrières à ne pas dépasser.

Ils sourient béatement à des miroirs et se font croire qu’ils savent profiter de la vie, de l’amour et de leurs envies. Ils pissent sur les châteaux de sable qu’ils se sont créés pour décrocher des étoiles qu’il n’atteignent pas.

#15

février 7, 2016

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