La pièce en plus

C’était une pièce un peu à part. Silencieuse et lumineuse douce et secrète. Loin de la surchauffe des ordinateurs. À l’abri du stress et du temps qui passe trop vite. Elle était autre, comme préservée des malheurs qui s’accumulent inexorablement au travail.

Y entrer, c’était s’affranchir. Plus rien d’autre ne comptait que le bon temps et le bien être.

Il y avait un babyfoot dans un coin. Pas trop près du coin pour rester accessible. Avec les balles rondes et la place pour s’énerver. Deux contre deux et points de marqués. À la pause du midi, avant ou après le café.

De l’autre côté, un canapé blanc aux coussins moelleux. Pour les petites histoires et les grands secrets. Échangés à voix basse avec des coups d’œil rapides autour de soi, pour vérifier. Mépriser en connivence pour se régaler de potins croustillants. Un dessert sucré sur les lèvres.

C’était bon que de rentrer dans cette pièce hors du temps.

Plus besoin de faire vite et bien, du mieux qu’on peut en évitant les fautes. Plus besoin de faire. Juste profiter, attendre en douceur. Assis ou debout, spectateur du temps qui passe. Se laissait aller et suspendre le travail dans le bien-être d’une oasis secrète. Au fond du couloir, à droite. Là-bas, où l’on n’allait pas vraiment, un peu trop loin, un peu ailleurs. Une terre inconnue à découvrir. Un bout d’entreprise où l’on n’entreprend rien. Une boîte à idée tranquille, un jardin secret où la section 3 se ressourçait. Pour être plus efficace et pouvoir rester plus longtemps entre ses murs.

octobre 23, 2014

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