La plante

La plante capricieuse ne voulait plus servir la cause pour laquelle elle avait été plantée. Elle laissait là les fleurs et les senteurs, se contentant de s’étendre au gré de ses envies, avalant les kilomètres de ses racines goinfres.

La plante ombageuse refusait les commentaires négatifs et les impétueux. Elle les punissait de ses épines fortes en les enfonçant sans vergogne dans les doigts de qui venait y regarder de trop près.

La plante envieuse venait chatouiller de ses branches trop longues les arbres alentours et le ciel trop haut. Elle grimpait sur ce qu’elle pouvait, espérant volontaire pouvoir ainsi se grandir.

La plante rêveuse pensait supplenter les ordres divins et la tour de Babel. Elle refusait les limites et les menaces. Elle se riait de qui lui en parler. Elle avait tort mais l’ignorait. La plante heureuse imaginait un avenir en vert. Une grandeur inégalée et des envies d’ailleurs. Le soleil, elle connaissait. Elle aurait bien tentait la mer, pour voir.

Le plante tapageuse se montrait trop. Il est venu avec ses gants et ses ciseaux pour lui redonner une forme et l’obligeait à s’ouvrir. Il lui greffa des fleurs pour qu’elle réponde à ses désirs. Il lui coupa les têtes pour qu’elle redevienne décente. Il la fit saigner autant qu’elle se défendait. Et de cicatrices en épines, c’était lui qui gagnait.

octobre 23, 2016

Étiquettes : ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *