La pluie

Il va pleuvoir vendredi.

L’information s’est répandue comme les gouttes qui du ciel inondent les plaines. Irrégulièrement et sans que l’on sache plus bien d’où elle venait, elle coulait de bouche en bouche et se murmurait au réveil pour se crier en soirée. Une menace, une espérance, une parenthèse. Préparez les parapluies et sortez les coupe-vents. Il va pleuvoir vendredi.

Il va pleuvoir jeudi. Les nuages semblent en avance, le vent va se gonfler. Le bruit court et prend le dessus sur le précédent. Roulement de tambour pour avertir ceux que la nouvelle aurait épargné. Il faut que chacun sache et que tout soit prêt. Fermez les fenêtres et les chaussures, effectuez les dernières réparations pour éviter les inondations. Pressez-vous, le ciel s’écroulera avant l’heure. Il va pleuvoir jeudi.

Il pleuvra dans la nuit. Entre le jeudi et le vendredi. Le souffle brûlera les plaines et les gorges. La poussière des mois passés volera plus haut que les arbres cabrés. La terre entrera partout avant d’être collée violemment par des gouttes d’eau inombrables. Un torrent qui détruira tout ce qui n’est pas sûr. Accrochez les toits et vérifiez les antennes. Ficelez les pierres et scellez les plastiques. Protégez-vous en soirée et dans la nuit. Le sol ne pourra pas tout absorber.

Et lorsque le samedi sec arriva, tous surent que les nuages étaient passés sans s’arrêter. Ils attendraient la prochaine apocalypse pour que les champs verdissent.

 

#13

octobre 2, 2016

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