Mensonges

Elle expliquait avec des mots doux ce qu’elle aimait et appréciait. La douceur des paysages, la gentillesse des gens, le sourire sur leur visage, le soleil sur le ciel bleu. Elle chérissait la tendresse de l’herbe verte et l’âpreté du sable brûlant. Mais on ne peut pas tout aimer à la fois.

Elle mettait des points d’exclamation dans ses yeux et des points d’interrogation sur ses cahiers. Elle y écrivait des lignes entières pour les enfermer à jamais en rêvant secrètement qu’elles plairont à celui qui ne les lirait pas.

Elle mettait des smileys sur ses ordres pour qu’ils chantent lorsque d’autres gueulent. Elle obligeait en faisant imaginer le libre arbitre. Elle faisait croire alors que sa volonté était sans faille. Elle savait ce qu’elle voulait et comment. Elle y parvenait en jouant à faire semblant. Sans rien n’écrire en gras et en oubliant les lettres capitales. Juste avec un faux sourire taillé dans une parenthèse.

Elle disait qu’elle regardait par politesse et par confort. Elle ne se souvenait pas ni de où ni de comment. Elle ne savait même pas quoi. Elle inventait des compliments vagues pour plaire à elle plutôt qu’aux autres. Elle les distillait au fil des minutes, avec la régularité de ceux qui mentent.

Tout devait plaire à qui l’écoutait. Elle aimait s’entendre parler et raconter. Elle lisait ces romans dont elle inventait chaque ligne. Elle les appelait mémoire et vie.

Sa vérité se maquillait de petites entorses qui rendaient les choses plus simple. La volupté feinte du yaourt, la douceur cachée de la crème brûlée que l’on fait craquer à la petite cuillère, le gâteau fait maison que l’on sort du congélateur dans son carton humide. Et tout le reste qu’elle peignait des couleurs de ses envies dans une farandole d’illusions amères.

octobre 9, 2016

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *