Paris sous la pluie

Javais oublié l’odeur de saleté qui se dégageait de Paris sous la pluie. Je ne me souvenais plus les parapluies qui s’affrontent et les malpolis qui rouspètent.

Et je me retrouvais là, sous le ciel pleurant, sans parapluie et sans capuche. Je tentais de traverser une rue qu’on appelait boulevard pour donner du charme à ce qui n’en avait pas. Il faisait froid, il faisait humide, et les voitures accéléraient pour ne pas me laisser passer.

Comme il pleuvait, ils étaient tous en voiture. Des flaques noires inondaient le bitume sale, et les phares se faisaient discrètement de l’œil dans le bruit des klaxons impatients.

Ils voulaient s’éviter les tracas et rester au sec. Il seront en retard. Il y aura eu trop d’attente au milieu des autres qui ne voulaient pas non plus se mouiller. Il sont nombreux à avoir peur de l’eau, à Paris.

Tout devient compliqué et moche quand la pluie s’y met.

Je respirais les pots d’échappement qui toussaient dans l’air pollué. Mes cheveux ruisselaient de gouttes d’eau tristes sur le trottoir luisant.

Sur le sol, un miroir de flaques effrayait les chaussures propres des Parisiens. Les costumes hésitaient sous les parapluies. Et seuls dans leur voiture, à attendre sans espoir, ils se diront qu’ils ont quand même bien fait de prendre la voiture. Au moins, ils sont au sec. Ils ne sont pas arrivés, c’est sûr, mais ils sont au sec. Ils se répéteront dans un bâillement. Et ils appuieront fort sur le klaxon. Parce que, quand même, elle était longue cette attente sous la pluie.

décembre 10, 2017

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