Retour

C’était le retour après la trop longue absence. Respirer inlassablement les senteurs du passé. Une madeleine de Proust qui chatouillait la narine, l’odeur des bois humides et de la mousse brumeuse.

Quelques gouttes de pluie faisaient frissonner les feuilles. Les arbres s’amusaient de cet éclaboussement, et tout suivait sa route. Le long chemin vers le futur, qu’on reprend dans l’autre sens quand il est temps de faire demi-tour.

-Allez, viens, on rentre à la maison.

Il y avait eu l’absence douloureuse qui rend le retour plus beau. Ce sentiment d’abandon, de mal de tête, de solitude. L’absence lourde qui faisait trop mal à s’acharner pour ne pas qu’on l’oublie. Elle s’incrustait, s’aimait à s’immiscer. Silencieuse, elle serpentait sans cesse, laissant un frisson malsain dans son sillage. Elle faisait peur. Devant un vide précipité qui s’éternisait.

Un serpent sans fin se jouait de mon temps. Tempérament perdu qui riait de me voir malmenée. Une tasse de thé fumait dans mes rêves, que je ne pouvais saisir. D’instinct, le temps partait trop vite, le vent tournait sans cesse. Il me fallait revenir. Vite. Mais quand ? Combien de temps avant d’accepter la chute lointaine ? Et cette absurde absence qui grandissait.

-Je veux revenir vers toi. Je ne t’oublie pas.

Le soleil c’était réveillé comme par magie. Il riait, ses rayons ondulaient. Il avait presque eu raison de tout, mais revenait, joyeux du tour joué et du retour à la vie.

Le printemps s’offrait le luxe d’être en avance.

Déjà là sans être attendu. Rêveur parmi les choses qui vont. Il avait décidé de son retour clandestin et je le soutenais dans ses projets comiques. Moi aussi, je revenais.

mars 5, 2015

Étiquettes : , , , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.