Scènes de train

La nuit n’était pas encore partie. Elle traînait des pieds et restait contempler le monde au travail. Dans le train mal réveillé, les travailleurs assis laissaient leur tête se mouvoir au rythme des arrêts. La musique dans les oreilles et les yeux rêvant. Elle ne bougeait pas, la main crispée sur un baladeur rose.

Il caressait de son doigt engourdi l’écran tactile de son smartphone. Il répondait sans les lire à des messages sans importance. Il y aurait les mêmes demain. Il le savait. Il s’en foutait.

Il passait ses poings encore froids sur ses yeux pour ne pas qu’ils pleurent. Le froid et la fatigue. Le mélange le déprimait. Mais moins que le temps qui s’allongeait devant lui. Encore des heures à rester là sans rien dire, sans rien faire. À dodeliner à chaque accélération et à compter les stations.

Elle terminait son maquillage avec une pointe d’ironie. Elle n’avait pas eu le temps, avant. Elle avait déjà mis la poudre et elle passait au fard. Une salle de bain dans un sac à main. Elle allait ajouter un peu de rouge sur les lèvres et sourire à son miroir de poche pour se plaire à elle-même. Elle descendra à la prochaine.

Il lisait impassible. Et ses yeux suivaient les lignes, le geste rapide. Ses sourcils se fronçaient et c’est tout son visage qui se décontractait. Il lançait un regard autour de lui. Il était le seul à comprendre son bonheur.

Je les regardais. En sachant qu’un jour je les écrirai.

janvier 15, 2015

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