Sécheresse

Je quittai la ville sous le soleil torride. Il y avait par terre, devant les maisons bien alignées, des bandes de gazon parfaitement entretenues. Sèches et craquantes, brunes et beiges, sans eau.

Je tournai à droite vers les champs. La paille sentait comme dans mes souvenirs. Lorsqu’il fallait la rentrer vite avant la prochaine averse. Qui ne venait pas.

Dans un enclos qui aurait pu être un pâturage, trois chevaux attendait à l’ombre d’un arbre chétif que quelqu’un vienne leur apporter de la nourriture. De la poussière s’élevait vaguement du sol quand ils tournaient sur eux mêmes et que leurs sabots faisaient un bruit sourd sur la terre craquelée. Ils respiraient de l’air bouillant par leurs naseaux fumants.

J’entrai sous le couvert de la forêt. Une ombre muette se posait lourdement sur mes épaules fatiguées. Aucun souffle ne dérangeait la chaude torpeur. Le sol était couvert de feuilles mortes comme en automne. La boue en moins. Les écorces des arbres se décollaient doucement puisqu’elles étaient inutiles. Les jeunes pousses agonisaient sans comprendre que la fin était déjà toute proche.

La vie est courte, pour qui n’a pas d’eau.

août 5, 2018

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