Sécurité

Il était l’heure de passer le contrôle lorsque tout s’arrêta. Il n’était plus possible de continuer, il devenait trop dangereux de persister, il était inimaginable de s’obstiner.

Les portiques se fermèrent. Les contrôleurs s’assirent. Les écrans s’éteignirent. Les tapis roulants s’immobilisèrent. Les files d’attente s’allongèrent. Les voyageurs attendirent. Les tourniquets se turent. Les portables cherchèrent des informations. Les avions se figèrent. Les sièges de l’aérogare furent occupés. Les ventilateurs fonctionnèrent fort. Les haut-parleurs s’égosillèrent. Les vols furent retardés. Les esprits s’échauffèrent. Des enfants hurlèrent. Les touristes piétinèrent. Des gorges burent, assoiffées. Les valises roulèrent. Les vacanciers perdirent patience. Les valises roulèrent dans l’autre sens. Les passagers soufflèrent. Des messages furent envoyés. Les bouteilles d’eau furent distribuées. Des vols furent annulés. Des bébés pleurèrent. Les gens s’allongèrent. Des gens dormirent.

Le terminal 2 de l’aéroport international de Munich resta en suspension, accroché pendant des heures à l’immobilisme ubuesque de la primauté de la sécurité. Parce qu’une femme déjà partie avait quitté l’écran de la vidéo surveillance avec une petite bouteille en plastique à la main.

juillet 29, 2018

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